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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 13:15

Ce qui ne rentre pas dans les Lettres françaises : l’implicite, l’ambigu, le paradoxal, le non dit, le silencieux, l’ineffable, le mystère, le lointain, le tout autre, l’indistinct, l’indifférencié. Oui, parfaite en notre lumineux Descartes quand il s’agit de flanquer les religieux à la porte pour laisser entrer la Raison, notre langue française ne fonctionne que trop par ses bords les plus tranchants, nous faisant perdre beaucoup de la compréhension des choses dès lors qu’elles échappent au langage hérité.

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Published by Gérard Larnac - dans Traduire le vent
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commentaires

Laurent 29/06/2007 18:59

Ce n'est pas, il me semble, un problème de langue à proprement parler, mais un problème d'espace sémantique et de position relative à cet espace. La communication connaît toujours ce bord tranchant pour celui ou celle qui n'en fait pas partie : ce qui est constitutif de, et que nous pouvons appeler frontière du canal.

Dès lors l'exclusion linguistique prend sens au sein de l'orchestration des groupes, eux-mêmes plongés dans des contextes sociaux et économiques - en réalité culturels. Nous comprenons bien que l'enjeu de ce qui est dit, comment et où, est aussi celui de l'ouverture ou de la fermeture, de la tolérance ou du rejet - en somme celui d'une vision qui est aussi politique. Ici est un danger.

Le post-modernisme, en affichant une plus grande diversité culturelle, propose une évolution dans la perception des champs sémantiques, une souplesse accrue de ce qui rentre et de ce qui sort. Un jour, peut-être heureux, l'ordre ne sera plus cette dichotomie que vous soulignez, signe que cette ancienne idée qui consiste à établir d'emblée l'appartenance comme séparation des groupes en même temps que condition incontournable, aura mûri d'elle-même, sans vitesse et sans autre volonté que la sienne.